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Repas et glucides7 min de lecture

Combien de glucides par jour pour un diabétique ?

Il n'y a pas de chiffre unique, mais il y a des repères : 40 à 55 % de l'énergie selon l'ANSES, souvent 130 à 250 g par jour, et surtout une quantité par repas. Comment trouver la tienne, type 1 et type 2.

Oscar Davase, fondateur de gluna, diabétique de type 1 depuis 2020

Combien de glucides par jour pour un diabétique ?
Sommaire7 parties
  1. Ce que disent les repères officiels
  2. Diabète de type 2 : la quantité et la régularité
  3. Diabète de type 1 : la précision compte plus que la quantité
  4. Par repas plutôt que par jour
  5. Les aliments sans glucides, ou presque
  6. Et le régime pauvre en glucides ?
  7. Comment savoir si ta quantité te va

Il n'y a pas de chiffre unique. Pour un adulte diabétique, la plupart des repères se situent entre 130 et 250 g de glucides par jour, selon le poids, l'activité, le traitement et l'objectif. Ce qui compte vraiment, c'est de trouver ta quantité, de la répartir dans la journée, et de regarder ce qu'elle fait à ta courbe. Voici de quoi la calculer.

Ce que disent les repères officiels

En France, l'ANSES recommande que les glucides apportent 40 à 55 % de l'énergie de la journée, pour tous les adultes, diabétiques ou non. Les recommandations américaines (ADA) ne fixent aucun pourcentage idéal pour les personnes diabétiques et insistent sur une quantité individualisée. Converti en grammes, le repère français donne :

Besoin énergétique40 % de glucides55 % de glucides
1 600 kcal (petite femme peu active)160 g220 g
2 000 kcal (adulte moyen)200 g275 g
2 500 kcal (homme actif)250 g345 g

Un chiffre revient souvent comme plancher : 130 g par jour, le besoin théorique du cerveau en glucose. En dessous, on parle d'alimentation pauvre en glucides, ce qui se fait, mais pas sans encadrement quand on est traité par insuline.

Diabète de type 2 : la quantité et la régularité

Avec un diabète de type 2, le corps gère mal les grosses arrivées de glucose. Deux leviers pèsent plus que tout : la quantité totale sur la journée, et sa répartition. Trois repas réguliers avec 40 à 60 g de glucides chacun passent mieux qu'un petit-déjeuner sauté, un déjeuner léger et un dîner à 120 g. Viser le bas de la fourchette de l'ANSES (autour de 40 %) en remplaçant une partie des féculents par des légumes et des protéines fait baisser l'HbA1c de façon mesurable, surtout les premiers mois, et aide à perdre du poids, ce qui améliore à son tour la sensibilité à l'insuline.

Diabète de type 1 : la précision compte plus que la quantité

Avec un diabète de type 1, la quantité de glucides n'est pas limitée par la maladie : l'insuline du repas se cale sur ce que tu manges, avec un ratio fixé avec ton diabétologue. Ce qui compte, c'est la précision du comptage. Et une chose se vérifie vite sur la courbe : plus un repas est gros, plus il est difficile à couvrir, parce que l'absorption s'étale et que le gras retarde la montée. Un repas à 50 g de glucides se gère bien ; un repas à 120 g, rarement sans pic. Beaucoup de personnes avec un type 1 trouvent leur équilibre autour de 150 à 200 g par jour, mais c'est une observation, pas une règle.

Par repas plutôt que par jour

Le total de la journée est abstrait. Ce qui se décide, c'est l'assiette. Les repères d'éducation thérapeutique les plus courants :

RepasRepère courantÀ quoi ça ressemble
Petit-déjeuner30 à 45 gDeux tranches de pain au levain (23 g), un fromage blanc (6 g), un fruit (15 g)
Déjeuner45 à 70 g150 g de pâtes cuites (42 g), légumes, viande, un fruit (15 g)
Dîner40 à 60 g120 g de riz cuit (34 g), poisson, légumes, un yaourt (6 g)
Collation (si besoin)10 à 20 gUn fruit, ou une poignée d'amandes et un carré de chocolat

Pour chiffrer tes propres repas, le tableau des glucides est ici.

Les aliments sans glucides, ou presque

Ils ne font pas monter la glycémie, ou très peu, et ils remplissent l'assiette : viandes, poissons, œufs, fromages, beurre et huiles, tofu, la plupart des légumes verts (moins de 5 g pour 100 g), les oléagineux en quantité raisonnable, l'eau, le café et le thé sans sucre. Une nuance : un repas sans glucides mais très gras et très protéiné peut quand même faire monter la courbe, lentement, trois à cinq heures après. Les protéines se transforment en partie en glucose, et le gras retarde tout.

Et le régime pauvre en glucides ?

En dessous de 130 g par jour, on parle d'alimentation pauvre en glucides ; en dessous de 50 g, de cétogène. Dans le diabète de type 2, les études montrent une amélioration de l'HbA1c et du poids à court terme, qui tend à rejoindre celle des autres régimes au bout d'un an, surtout parce qu'il est difficile à tenir. Dans le diabète de type 1, c'est possible mais à encadrer étroitement : moins de glucides, c'est moins d'insuline, donc un risque d'hypoglycémie et de corps cétoniques si rien n'est adapté. Ce n'est pas un essai à faire seul.

Comment savoir si ta quantité te va

Note tes repas pendant une semaine, avec leurs glucides, et regarde la courbe en face. Si les deux heures après le déjeuner dépassent régulièrement ta cible, la première chose à regarder n'est pas la liste des aliments, c'est la portion de féculents. Si les nuits sont basses, c'est le dîner. Au bout de deux semaines, tu as une idée claire de ta quantité, et une question précise pour ton diabétologue.

Questions fréquentes

100 g de glucides par jour, est-ce trop peu pour un diabétique ?

C'est une alimentation pauvre en glucides, en dessous du repère de 130 g. Elle peut convenir dans un diabète de type 2 suivi médicalement, et elle demande un ajustement du traitement, surtout avec de l'insuline ou des médicaments qui font baisser la glycémie. À ne pas commencer sans en parler à son médecin.

Les glucides du soir font-ils plus monter la glycémie ?

Pas en eux-mêmes, mais la soirée cumule plusieurs choses : moins d'activité après le repas, un dîner souvent plus copieux, et une sensibilité à l'insuline qui varie dans la journée. Le repas du matin est en général celui qui monte le plus facilement.

Faut-il compter les fibres dans les glucides ?

En France, les étiquettes indiquent les glucides sans les fibres : le chiffre affiché est celui qui compte. Sur un produit étiqueté à l'américaine, les fibres sont incluses dans les « total carbohydrates » et peuvent être soustraites.

Un diabétique peut-il manger des fruits ?

Oui, deux à trois portions par jour, entiers plutôt qu'en jus, de préférence en fin de repas. Un fruit moyen apporte 15 à 20 g de glucides, avec des fibres qui ralentissent leur absorption. Les jus, les compotes sucrées et les fruits secs montent bien plus vite.

Sources

  1. ANSES, « Actualisation des repères du PNNS : révision des repères de consommations alimentaires » (2016)
  2. American Diabetes Association, Standards of Care in Diabetes 2025
  3. Fédération Française des Diabétiques, « Qu'est-ce que le diabète ? »
Oscar Davase, fondateur de Gluna

L'auteur

Oscar Davase

Fondateur de Gluna, diabétique de type 1 depuis 2020

Diagnostiqué à 18 ans, Oscar a construit Gluna pour voir noir sur blanc ce que chaque repas fait à sa courbe. Il écrit ici ce qu'il aurait aimé lire au moment du diagnostic : des explications claires, sourcées, et jamais de consigne de traitement.

Cet article est écrit pour informer, pas pour soigner. Il ne tient pas compte de ta situation ni de ton traitement. Avant de changer quoi que ce soit, parles-en à ton médecin ou à ton diabétologue.

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