Repas et glucides8 min de lecture
Repas pour diabétique : 7 jours d'idées faciles, et ce qu'elles font à ta glycémie
Il n'y a pas de « repas de diabétique », il y a des repas qui montent vite et d'autres qui montent doucement. La méthode de l'assiette, sept jours d'idées faciles, et les cinq pièges des repas « sains ».
Oscar Davase, fondateur de gluna, diabétique de type 1 depuis 2020

Sommaire7 parties
Il n'existe pas de « repas de diabétique ». Il existe des repas qui font monter la glycémie vite et haut, et d'autres qui la font monter doucement. La différence ne tient pas à une liste d'aliments interdits : elle tient à la quantité de glucides, à ce qui les accompagne, et à l'ordre dans lequel on les mange. Voici une méthode simple, sept jours d'idées faciles, et les pièges qui reviennent tout le temps.
La règle de base : l'assiette en trois parts
- La moitié de légumes, crus ou cuits : ce sont les fibres qui ralentissent tout le reste.
- Un quart de protéines : viande, poisson, œufs, tofu, légumineuses, fromage.
- Un quart de féculents : pain, pâtes, riz, pommes de terre, semoule, légumineuses. C'est la seule part qui fait vraiment monter la glycémie, et c'est elle qu'on ajuste.
- Une matière grasse de qualité (huile d'olive, colza, un peu de beurre), et de l'eau.
Cette assiette n'a rien de triste : c'est un poulet rôti avec des haricots verts et trois cuillères de riz, une salade de lentilles avec du thon, un dahl avec des épinards. Ce qui change par rapport à l'assiette classique, c'est la proportion : les féculents passent d'une moitié à un quart, et les légumes prennent la place.
Dans quel ordre manger
Légumes d'abord, protéines ensuite, féculents à la fin. Sur un repas identique, commencer par les légumes et les protéines donne un pic nettement plus bas une heure après que lorsque le pain ou les pâtes ouvrent le repas : c'est mesuré, et ça ne coûte rien. Le pain d'apéritif et le jus en début de repas font exactement l'inverse.
7 jours d'idées de repas faciles
Des repas qu'on fait en vingt minutes, avec des produits de supermarché. Les quantités de féculents sont cuites, et ce sont des ordres de grandeur : la bonne quantité pour toi dépend de ton besoin, de ton traitement et de ta courbe.
| Jour | Midi | Soir |
|---|---|---|
| Lundi | Salade de lentilles (150 g), thon, tomates, œuf dur, huile d'olive | Poulet rôti, haricots verts, riz complet (100 g) |
| Mardi | Omelette aux champignons, salade verte, pain au levain (40 g) | Soupe de légumes, cabillaud, ratatouille, une pomme de terre (120 g) |
| Mercredi | Bol de quinoa (120 g), pois chiches, concombre, feta, citron | Steak haché, brocolis, purée de patate douce (120 g) |
| Jeudi | Wrap complet, poulet, crudités, sauce au yaourt | Dahl de lentilles corail (200 g), épinards, riz basmati (80 g) |
| Vendredi | Saumon, courgettes grillées, pâtes complètes al dente (120 g) | Pizza maison à pâte fine (une moitié) et une grande salade |
| Samedi | Chou rouge, carottes, edamame, tofu grillé, riz (80 g), sauce sésame | Crevettes sautées, légumes croquants, nouilles de riz (100 g) |
| Dimanche | Poulet basquaise, semoule complète (100 g) | Œufs cocotte, salade, pain au levain (40 g), fromage |
Chaque repas tourne autour de 35 à 55 g de glucides, une fourchette courante en éducation thérapeutique. Pour vérifier, le tableau des glucides est ici.
Le petit-déjeuner, le repas piège
Le matin, les hormones du réveil rendent le corps moins sensible à l'insuline : un même croissant monte plus fort à 8 h qu'à 16 h. Le petit-déjeuner français classique (pain blanc, confiture, jus d'orange) apporte 60 à 80 g de glucides rapides, sans rien pour les freiner. Les alternatives qui passent mieux : des œufs, du fromage blanc avec des fruits rouges et des amandes, du pain au levain avec du beurre et du fromage, des flocons d'avoine avec du lait. Et le jus d'orange redevient une orange.
Les 5 pièges des repas « sains »
- Les jus de fruits et les smoothies. Un verre de jus, c'est le sucre de trois oranges sans les fibres, qui arrive dans le sang en dix minutes.
- Les galettes de riz, les biscottes, le pain de mie « complet ». Légers en bouche, raides sur la courbe : leur amidon est très vite digéré.
- Les sauces et les plats préparés. Sucre dans la sauce tomate, amidon dans la sauce du plat cuisiné, pain dans les nuggets. Lis les étiquettes.
- Les fruits secs et les barres de céréales. Une poignée d'abricots secs vaut une part de gâteau en glucides.
- Le « sans sucre ». Sans sucre ajouté ne veut pas dire sans glucides : une compote sans sucre ajouté en contient 12 g pour 100 g.
Type 1, type 2 : pas la même logique
Avec un diabète de type 2, l'enjeu est la quantité totale de glucides, leur répartition dans la journée, le poids et l'activité. Réduire la part de féculents et les sucres rapides fait baisser l'HbA1c de façon mesurable, surtout au début.
Avec un diabète de type 1, rien n'est interdit, mais tout se compte : l'insuline du repas se cale sur les glucides. Un repas « sain » mal compté fait autant monter qu'une pizza bien comptée. La méthode pour compter sans balance est ici. Et dans les deux cas, ce qui tranche, c'est la courbe.
Comment savoir si un repas te réussit
Mesure avant de manger, puis deux heures après. Chez un adulte diabétique, un repère courant est de rester en dessous de 1,80 g/L deux heures après, et de revenir près du point de départ en trois heures ; ton diabétologue fixe tes propres cibles. Avec un capteur, tu vois aussi la forme : une bosse douce, un pic en aiguille, ou une montée tardive, trois heures après, typique des repas gras. Note le repas, refais-le une autre fois, compare. Au bout de quelques semaines, tu connais tes plats « qui passent » et ceux qui demandent un ajustement, et c'est une information précieuse pour ton diabétologue.
Questions fréquentes
Que peut manger un diabétique le soir ?
La même chose que le midi, en gardant l'assiette en trois parts : légumes, protéines, une portion modérée de féculents. Un dîner très riche en glucides ou très gras se voit souvent sur la courbe de la nuit, et une courte marche après le repas aide à l'adoucir.
Les pâtes sont-elles interdites aux diabétiques ?
Non. Cuites al dente, en portion raisonnable (100 à 150 g cuites) et accompagnées de légumes et de protéines, elles montent moins vite que le pain blanc ou le riz blanc. Ce sont la quantité et la cuisson qui font la différence.
Combien de glucides par repas pour un diabétique ?
Les repères d'éducation thérapeutique tournent souvent autour de 30 à 45 g au petit-déjeuner et de 40 à 70 g aux deux repas principaux, mais la bonne quantité dépend du poids, de l'activité et du traitement. Un diététicien la cale avec toi.
Faut-il supprimer complètement le sucre ?
Non. Un dessert de temps en temps, en fin de repas plutôt que seul, fait partie d'une alimentation normale. Ce qui compte, c'est le sucre de tous les jours : les boissons sucrées, les jus, les biscuits et le grignotage pèsent bien plus sur la courbe qu'une part de gâteau le dimanche.
Sources
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Vivre avec le diabète au quotidien »
- Shukla et al., « Food Order Has a Significant Impact on Postprandial Glucose and Insulin Levels », Diabetes Care, 2015
- American Diabetes Association, Standards of Care in Diabetes 2025
- Fédération Française des Diabétiques, « Qu'est-ce que le diabète ? »

L'auteur
Oscar Davase
Fondateur de Gluna, diabétique de type 1 depuis 2020
Diagnostiqué à 18 ans, Oscar a construit Gluna pour voir noir sur blanc ce que chaque repas fait à sa courbe. Il écrit ici ce qu'il aurait aimé lire au moment du diagnostic : des explications claires, sourcées, et jamais de consigne de traitement.
Cet article est écrit pour informer, pas pour soigner. Il ne tient pas compte de ta situation ni de ton traitement. Avant de changer quoi que ce soit, parles-en à ton médecin ou à ton diabétologue.


